Accueil    Publications    Articles divers    L'école et les professeurs, une nouvelle entrée dans le métier (Michel Gratian)

ARTICLES DIVERS

L'ÉCOLE ET LES PROFESSEURS
UNE NOUVELLE ENTRÉE DANS LE MÉTIER
par Michel Gratian,
Professeur agrégé, formateur à l'IUFM de MIDI-PYRÉNÉES

Dernière mise à jour le mardi 03 avril 2012

Une recommandation du Parlement européen et du Conseil en date du 16 décembre 2006, publiée dans le Journal Officiel du 31 décembre 2006, oriente l'espace éducatif européen vers le concept de compétences clés pour l'éducation et la formation tout au long de la vie :
« Les compétences clés en tant que connaissances, aptitudes et attitudes appropriées à chaque contexte sont fondamentales pour chaque individu dans une société fondée sur la connaissance. Elles comportent une valeur ajoutée au marché du travail, à la cohésion sociale et à la citoyenneté active en apportant flexibilité et adaptabilité, satisfaction et motivation. Parce qu'elles devraient être acquises par tous, la présente recommandation propose un outil de référence aux États membres pour assurer que ces compétences clés soient pleinement intégrées dans leurs stratégies et leurs infrastructures, en particulier dans le cadre de l'éducation et de la formation tout au long de la vie. »
Si notre pays a engagé des évolutions marquées pour la formation des enseignants, la « Stratégie de Lisbonne » est un des déclencheurs de l'accélération vers des transformations considérables.
En France, ces transformations interviennent à partir d'une histoire autant complexe qu'originale du système éducatif : corollaire d'une identité nationale ancienne et marquée par de longues périodes de centralisation. Il en demeure de fortes prérogatives de l'Etat laïque, garant d'une politique éducative cohérente vis-à-vis de l'égalité des chances. Cet objectif est réaffirmé dans chaque circulaire annuelle de préparation de rentrée.
LES INSTITUTEURS, LES MAITRES, LES PROFESSEURS ...: NÉOLOGIE, DIVERSITÉ, UNITÉ ou COMPLEXITÉ ?
Historiquement, les professeurs sont les membres de l'Université impériale. Le décret du 17 mars 1808 en assure la fondation en qualité de « corporation laïque » dirigée par un grand-maître partageant ses pouvoirs avec le Conseil de l'Université. On rencontre les professeurs dans les établissements secondaires publics impériaux: les lycées, mais également dans quelques « collèges communaux ». Les professeurs constituent une entité très resserrée autour de l'agrégation qui en fait l'unité. On parlera légitimement de « société enseignante », Plus tard de « République des professeurs », à l'égal de la « République des juges » dans un autre contexte. Dans cette première acception les professeurs représentent de facto un groupe d'influence avec lequel les Pouvoirs Publics devront composer. Les professeurs sont alors intimement liés à « l'école des notables ».
Si leur existence est intemporelle et déliée jusqu'en 1816 de toute vérification de la compétence (date après laquelle l'attestation en demeurera pour longtemps toute formelle), les instituteurs trouvent un statut identifié à partir de Jules Ferry. En témoigne le grand texte constitué par la « Lettre de Jules-Ferry aux instituteurs », en fait une circulaire du 27 novembre 1883. Le 19 juillet 1889, la prise en charge de la rémunération des instituteurs par l'Etat est l'ultime étape de la politique initiée par Jules Ferry.
La consolidation de la République née d'une voix de majorité à la Chambre, la préparation de générations à « la revanche » contre l'Empire allemand. L'enracinement de la laïcité délègue aux instituteurs une place indélébile dans l'Histoire de France. Fonctionnellement le Corps s'identifie à « l'école du peuple ». Dans les villes, le système primaire et le « petit lycée » forment 2 écoles parallèles mais étanches, y compris dans le lexique de désignation des classes fréquentées par des élèves du même âge séparés par leurs origines.
Au lendemain de la Grande Guerre, des universitaires anciens combattants imposent le problème de l'école unique. Au nom des « Compagnons » l'Université Nouvelle écrit : « Les pères ont combattu dans la même tranchée, les enfants doivent aller dans la même école ». Selon Antoine Prost, « les combattants pouvaient ouvrir une discussion, non imposer une politique ».
Toutefois cette discussion va conduire à constituer très durablement le « camp primaire » et le « camp secondaire »; à faire envisager une « école moyenne » visant à « substituer les degrés aux ordres »; à faire du sujet une question sociale vive de l'époque.
Dans la pensée de Jean Zay, ministre de l'Instruction publique en 1936, prennent corps des concepts entièrement nouveaux : le tronc commun, l'orientation méthodique et continue, la 6ème classe-vestibule. En 2010, ces concepts ne sont pas épuisés.
Le collège d'aujourd'hui et les débats sans cesse renaissants qu'il cristallise, les divers statuts des enseignants chacun associé à un lexique tout en nuances sont les héritiers directs des avatars de ce débat récurrent.
L'intégration européenne est venue recouper les échanges franco-français: fruit de la première école qui correspond à la période de scolarité obligatoire le socle commun des connaissances de compétences place désormais en continuité l'école primaire et le collège. La Loi d'orientation et de programme pour l'avenir de l'école du 23 avril 2005 garantit à chaque élève les moyens d'accès à ce contenu commun de connaissances, de capacités et d'attitudes. Le socle commun est une première marque d'intégration de notre pays dans l'espace éducatif européen et la porte ouverte vers la participation significative de la France aux évaluations du Programme International de Suivi des Apprentissages (P.I.S.A.) mené par l'O.C.D.E. Dans le concert de la compétition économique, la France conserve le 5ème PIB mondial par habitant. Cette performance d'un pays contrasté sur le plan de la ressource énergétique ne peut être pérennisée que par les compétences générées par le système scolaire, compétences qui conditionnent la haute valeur ajoutée dite « post industrielle ».
Les racines historiques, la crise de recrutement des enseignants avec l'explosion démographique postérieure à la 2nde guerre mondiale, l'expansion de la demande scolaire issue de la commande et des représentations sociales rendent caduque la présentation binaire exposée ci-dessus.
Avec le recours massif à diverses formes d'auxiliariat peu à peu absorbées, l'unité du monde enseignant explose en une multiplicité de corps. L'institution réalise des prouesses lexicales afin de désigner les catégories sans déclassement d'aucune devant une opinion de plus en plus en éveil; la maîtrise de l'univers des initiales accroît la performance. Ce qui est pour l'administrateur vigilant une diversité devient pour l'usager une complexité suscitant une large part d'interrogation. D'un côté, la « société enseignante » n'existe plus faute de l'unité originelle. D'un autre côté grandit le sentiment subliminal que du jour au lendemain nombre de personnes pourraient enseigner. A ces ferments de déconsidération s'ajoute à la fin des années 70 le déclassement économique et social attaché à la faiblesse relative des rémunérations et à la lenteur des carrières de base. Ce dernier aspect est gouverné par les catégories de la Fonction Publique d'Etat de 1946 :

L'ensemble de la fonction publique est distribuée en trois catégories hiérarchiques (A, B et C), elles-mêmes constituées de très nombreux corps correspondant généralement aux diverses filières des métiers.
CATÉGORIE A : Emplois de direction, de conception et d'encadrement
CATÉGORIE B : Emplois d'application et de rédaction
CATÉGORIE C: Emplois d'exécution
L'accès à chacune de ces trois catégories par concours externe se fait selon le niveau de diplômes des candidats.
Pour la catégorie A : diplôme de l'enseignement supérieur (à partir de bac +3 ; licence, maîtrise, diplôme d'ingénieur ou doctorat).
Pour la catégorie B: Baccalauréat ou équivalent.
Pour la catégorie C : pas de conditions de diplôme ou en général CAP/BEP ou Brevet des Collèges.

Avant la création des IUFM en 1991, les recrutements par concours externes et la formation des enseignants conduisant à la qualité de fonctionnaires titulaires sont effectués dans les conditions résumées ci-dessous :

Corps Professeurs agrégés Professeurs certifiés Professeurs des Lycées professionnels Instituteurs
Niveau nominal de recrutement Bac +4 Bac +3 Bac +3
Bac +2
Bac +2
CATÉGORIE A A Grade « 2 » : A
Grade « 1 » : B
B
Structure de formation poste concours Centre pédagogique régional Centre pédagogique régional Ecoles Normales Nationales d'Apprentissage (ENNA) Ecoles Normales d'Institutrices et d'Instituteurs (ENII)
Stage 0 1 an en parallèle 1 an en parallèle 2 ans en parallèle
Conditions de titularisation Concours externe Inspection fin de formation Inspection fin de formation Inspection fin de formation

FAIRE APPRENDRE ET ENSEIGNER DEVIENNENT DES ACTES PROFESSIONNELS OFFICIELLEMENT DÉFINIS
La mise en place des IUFM s'accompagne d'importantes mesures de revalorisation à travers une élévation du niveau de recrutement qui conduit à un alignement des carrières et des rémunérations.

Corps Professeurs agrégés Professeurs certifiés Professeurs des Lycées professionnels Professeurs des écoles
Niveau nominal de recrutement Bac +4 Bac +3 Bac +3 Bac +3
CATÉGORIE A+ A type Grade « 2 » : A type A type
Structure de formation poste concours IUFM IUFM IUFM IUFM
Stage 1 an en parallèle 1 an en parallèle 1 an en parallèle 1 an en parallèle
Conditions de titularisation Inspection fin de formation - décision terminale de I'IGEN Dossier composite constitué par l'lUFM, examiné par un jury académique. Titularisation prononcée par le recteur sur proposition du jury effectuée sans inspection, ou bien avec inspection de contrôle (rare). Possibilité de prolongation de stage ou de licenciement.

Les conditions de la titularisation sont profondément modifiées : à l'exception des professeurs agrégés pour lesquels une période de 1 an de stage est créée, l'inspection terminale devient exceptionnelle. Dans tous les cas, un professeur recruté par concours externe devient titulaire de son grade sans période probatoire à temps complet sur le terrain.
Si le corps des professeurs agrégés conserve un cursus particulier, les IUFM créent pour la première fois de l'unité statutaire entre les personnels du 1er et du 2nd degré. 70 ans après l'appel des anciens combattants de 1914-1918, les conditions d'une vraie continuité entre « le primaire » et « le secondaire » paraissent réunies. L'expression structurelle de la volonté du législateur conduit potentiellement au cadre propre à créer une culture commune qui gage le « passage d'une école des ordres à une école des degrés ». Culture commune d'imprégnation mais également culture commune volontariste à travers les formations communes interdisciplinaires donc inter degrés.
Quatre constats vont toutefois rapidement s'imposer :
  • les cursus des professeurs du 1er degré et du 2nd degré demeurent chacun très spécifique. Concrètement les stagiaires se rencontrent peu. Les formations communes ne sont pas constamment déclinées en formations proposées en commun.

  • les IUFM sont foncièrement perçus comme des entités ayant permis la revalorisation de diverses carrières: il s'agit là d'un réductionnisme affligeant.

  • la dimension historique et épistémologique des IUFM est très faiblement exprimée, au point gue sa prise de conscience en semble discrète - y compris en leur sein.

  • L'Etat-employeur délivre régulièrement des cahiers des charges de la formation qui sont autant de descriptifs de l'acte professionnel correspondant aux compétences identifiées et évaluées dont on attend la maîtrise chez un néo titulaire préparé à ses missions.

  • L'analyse de la succession des formulations est révélatrice d'une progression conceptuelle cohérente et continue.

    Références Intitulés des Textes Champs visés Lexique majeur Remarques
    NS du 16 novembre 1994 Référentiel des compétences professionnelles du professeur des écoles stagiaire en fin de formation initiale 1er degré Professeur des écoles Grade unique
    C. 23 mai 1997 Mission du professeur exerçant en collège, en lycée d'enseignement général et technologique ou en lycée Professionnel 2nd degré Professeur Séparation des degrés
    C. du 4 avril 2002 Cahier des charges de la 2ème année de formation dans les IUFM (cadre commun, puis distinction : éléments spécifiques à la formation des professeurs des écoles/éléments spécifiques à la formation des professeurs des collèges et lycées) 1er degré et 2nd degré Professeur des écoles. Professeur des collèges et des lycées Grade unique. Réunion puis spécification partielle des degrés
    A du 19 décembre 2006 Compétences professionnelles des maîtres de 1'enseignement public 1er degré et 2nd degré Maîtres (désignation unique) Réunion des degrés
    A du 12 mai 2010 Compétences professionnelles des professeurs, conseillers principaux d'éducation et documentalistes pour l'exercice de leur métier 1er degré et 2nd degré Professeurs Réunion des degrés autour du grade unique de professeur


    Cette progression conduit à l'acception d'une professionnalité décrite par ses composantes.
    Ces composantes prennent appui sur le grade unique de professeur, et sur l'unité très forte des savoirs, savoir-faire et savoir-être qui visent à identifier le métier au terme d'une démarche de convergence qui aura duré 16 ans.
    Cheminement des esprits somme toute rapide, relativement à une question qui divisait et opposait depuis plus d'un siècle.
    Ainsi, les professeurs sont passés d'une définition originellement organique et corporative (l'université impériale) à une définition fonctionnelle et unificatrice (la convergence de professionnalité). Cette unité cristallise autour d'une catégorie A dont on attend définition et création face aux défis présentés par la diversité des élèves : l'outil est le projet d'école ou d'établissement. Le couple « programmes et instructions » s'est mué en couple « programmes et ressources pour les programmes ».
    LA PROFESSIONNALITÉ AINSI DÉFINIE PREND PLACE DANS L'ESPACE ÉDUCATIF EUROPÉEN :
    Cette place doit être envisagée sous trois aspects dominants :
    1 - la question du niveau de recrutement des professeurs :
    La France adopte le principe du recrutement des professeurs au niveau master, soit Bac + 5 années d'études sanctionnées pax un diplôme dont la reconnaissance est internationale.
    2 - la question de la définition du corpus de formation des professeurs :
    Ce corpus est exprimé en 10 compétences, chacune constituée de 3 volets: un bloc de connaissances, un groupe de capacités (expression des connaissances en situation), un ensemble d'attitudes (assimilables à une disposition permanente à l'action éclairée).
    Il est remarquable que la professionnalité des professeurs soit exprimée de manière analogue au socle commun des élèves : présenté en 7 compétences structurées à l'identique : connaissances, capacités, attitudes.
    Les « compétences tout au long de la vie » concernant les élèves trouvent leur contrepoint dans ce que l'on pourrait appeler les compétences tout au long de la carrière pour les professeurs.
    Il s'agit de l'empreinte de la stratégie de Lisbonne applicable aux 27 pays de l'Union et dont l'impact est évalué dans le cadre du P.I.S.A.
    3 - 1a question de la recomposition française de la formation des professeurs à partir de la rentrée 2010 :
    Cette recomposition est précédée d'une réforme de structure prévue par la Loi d'Orientation et de Programme pour l'Avenir de l'Ecole du 23 avril 2005.
    Les IUFM se voient retirer la personnalité morale et perdent leur statut d'établissements publics. Chacun a désormais vocation à être intégré à une Université sous le statut d'école interne.
    La réunion des conditions d'accessibilité aux concours de recrutement des professeurs et la formation des professeurs tout au long de la vie est confiée aux Universités, seules habilitées à délivrer tout master.
    L'autorité académique est saisie de la gestion administrative et de la conduite pédagogique de l'année de stage post-concours, qui incluent l'évaluation et la sanction de cette phase par l'éventuelle titularisation prononcée par les recteurs.
    LE NOUVEAU SCHÉMA FRANÇAIS :
    L'organigramme des nouveaux cursus n'est pas encore entièrement déployé sur le terrain. Sa mise en place est en cours d'achèvement.
    Mené à terme, ce schéma sera caractérisé par une maturation et une préparation au long cours aux « métiers de l'enseignement » :
  • licence polyvalente,

  • master « pro » métiers de l'enseignement assis sur une discipline universitaire prééminente (vers CAPES et agrégation)

  • master « pro » métiers de l'enseignement assis sur la polyvalence est une connaissance approfondie de l'enfant et de l'élève (vers le professorat des écoles et autres métiers; le master délivré est dénommé « Education, Scolarisation Enseignement »/E.S.E.)


  • Corps Professeurs agrégés Professeurs certifiés Professeurs des Lycées professionnels Professeurs des écoles
    Principe Les néo-recrutés issus des concours externes sont nommés professeurs stagiaires et affectés à temps complet dans une école ou un établissement du 2nd degré.
    Au cours de l'année de stage, les professeurs, les documentalistes et les CPE bénéficient d'un dispositif de formation continuée comprenant, d'une part, un tutorat ou d'autres formes d'accompagnement qui se déroulent tout au long de l'année de stage, d'autre part, un approfondissement ou des compléments de formation portant sur l'acquisition des compétences définies dans l'arrêté du 12 mai 2010. L'ensemble est équivalent à un tiers de l'obligation réglementaire de service (ORS) du corps auquel appartient le stagiaire avec, le cas échéant, des adaptations selon son parcours antérieur.
    Niveau nominal de recrutement Bac +4, mais en cours de réflexion Bac +4(M1) pour accès à l'admissibilité. Bac +5(M2) pour conserver le bénéfice de l'admission Bac +4(M1) pour accès à l'admissibilité. Bac +5(M2) pour conserver le bénéfice de l'admission Bac +4(M1) pour accès à l'admissibilité. Bac +5(M2) pour conserver le bénéfice de l'admission
    Structure de formation post-concours Etablissement + dispositif d'accompagnement Etablissement + dispositif d'accompagnement Etablissement + dispositif d'accompagnement Ecole + dispositif d'accompagnement
    Stage 1 an 1 an 1 an 1 an
    Tuteur   Nomination par le recteur sur proposition IA-IPR Recrutement par examen professionnel
    Conditions de titularisation lnspection fin de formation - décision du recteur - visa IGEN Un jury académique nommé par le recteur pour chaque corps.
    Le jury se prononce sur le fondement du référentiel de compétences prévu par l'arrêté du 12 mai 2010 après avoir pris connaissance :
    1 - de l'avis d'un membre des corps d'inspection de la discipline.
    * établi après consultation du rapport du tuteur.
    * résultant, notamment à la demande du tuteur ou du chef d'établissement, d'un rapport d'inspection.
    2 - de l'avis du chef d'établissement dans lequel le fonctionnaire stagiaire a été affecté pour effectuer son stage.
    Sur proposition du jury, le recteur arrête la décision.
    Un jury académique nommé par le recteur.
    Le jury se prononce sur le fondement du référentiel de compétences prévu par l'arrêté du 12 mai 2010 après avoir pris connaissance de l'avis de l'IEN
    * établi après consultation du rapport du tuteur.
    * résultant, notamment à la demande du tuteur, d'une inspection.
    Sur proposition du jury, le recteur arrête la décision.

    Ce schéma ne prend plus appui sur une formation en alternance - si l'on excepte les stages de courte durée proposés en cours de Licence (observation), Master 1 (Observation et pratique accompagnée), Master 2 (responsabilité avec rétribution - une priorité étant réservée aux étudiants admissibles aux concours respectifs).
    D'un point de vue nominal, les IUFM perdent leurs attributions. Une part de ces dernières (préparation aux concours et donc contribution aux cursus des masters) ne peut plus être exercée que sous l'égide de l'université d'inclusion - seule partenaire structurelle de l'autorité académique.
    La formation en accompagnement du stage (regroupements, visites de stage, évaluations formatives, bilans...) relève désormais de l'autorité académique - en d'autres termes directement de l'Etat-employeur.
    Le rôle du tuteur est prééminent. Ses missions ont été précisées par texte ministériel : « La réforme de la formation des enseignants au niveau master impose plus que jamais une connaissance des terrains d'exercice. Ce rapport direct et personnel de chaque étudiant avec la réalité professionnelle du métier de professeur doit être assuré progressivement, tout au long de la formation initiale à l'université. Il se poursuit tout au long de l'année de fonctionnaire stagiaire.
    Les maîtres formateurs, instituteurs et professeurs des écoles, par leur double mission d'enseignement dans une classe et de formateur d'adultes, garantissent la dimension professionnelle de la formation et le caractère formateur des divers stages. Outre ses activités d'accueil et d'accompagnement, de tutorat et de formation continue, le maître formateur peut être appelé à intervenir, de manière ponctuelle ou régulière, auprès de groupes d'étudiants dans le cadre d'activités de formation initiale. Lorsqu'il est amené à intervenir en formation initiale, notamment au niveau des masters, ses activités s'inscrivent dans le cadre d'une convention passée entre le recteur et l'université.
     » (A. du 12 mai 2010)
    La mission des tuteurs est spécifiée dans le 1er degré : activités d'accueil, de tutorat et d'accompagnement de formation continue, de formation initiale; et dans le 2nd degré : activités d'accueil et de tutorat.
    LES IUFM : QUELLE PLACE DÉSORMAIS ?
    L'actualité de cette question écarte de ne pas l'aborder.
    Toutefois, le traitement n'en peut être que très succinct car la question est multiforme, et autant contrastée d'une académie à une autre.
    Les IUFM étaient des établissements « jeunes » dans le paysage universitaire. En tant que tels ils possédaient diverses attributions de ce niveau, à l'exception toutefois de la plus marquante, qui est la collation de diplômes. Les IUFM ont toujours été « rattachés » aux universités des capitales régionales, avec des contenus très variés donnés à ces rattachements.
    Il est utile de typer 2 cas de figure extrêmes :
  • IUFM ayant originellement opté pour une faible différenciation à partir des universités de rattachement.

  • IUFM ayant orienté leur action vers une très forte individualisation et identification. Il en était allé ainsi pour l'IUFM de MIDI-PYRÉNÉES.

  • On peut comprendre aujourd'hui que la réforme ait traversé diversement des profils aussi disparates, avec autant de situations intermédiaires. Dès lors, ses conséquences ne sont pas à l'heure actuelle entièrement enregistrées.

    Michel GRATIAN,
    Professeur agrégé
    Formateur à l'IUFM de MIDI-PYRÉNÉES
    École interne de l'Université de TOULOUSE le MIRAIL
    Chargé de formations à l'Université PAUL-SABATIER de TOULOUSE
    AMOPA des HAUTES-PYRÉNÉES

    Décembre 2010




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